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POUR LA CRÉATION D’UN PORT MIXTE EN EAU PROFONDE AU MUS DE LOUP À LA TREMBLADE (17390)


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VAGUE DE SORTIES DE FLOTTE SANS PRÉCÉDENT


36 bateaux partiront à la casse cet automne. Soit plus de 13 % de la flottille professionnelle du département.

Les marins sont fatigués

La petite pêche : des marées courtes, quelques heures en mer à fouiller les fonds des Pertuis pour débarquer au port un poisson ultra-frais. Le Rochelais Frédéric Sopena a le métier dans le sang. Il le pratique depuis vingt-cinq ans. Mais le patron du « Shamrock » jette l'éponge.

 

Il a suivi les recommandations de son expert-comptable pour proposer son bateau au plan de sortie de flotte. Ce qui signifie qu'avant l'hiver prochain, les griffes d'un tractopelle abattront les membrures du coureauleur de 12 mètres, comme on brise l'effort de survie d'une profession. En compensation, Frédéric Sopena recevra une prime à la casse de 148 000 euros. Plus qu'il ne pourrait espérer d'une vente sur le marché de l'occasion.


Trente-cinq autres unités de pêche professionnelle de Charente-Maritime, ont été retenues au printemps et au seuil de l'été pour cette vague. Un niveau jamais atteint de mémoire de fonctionnaire des Affaires maritimes rochelais.



« J'oublie mon salaire ! »


Frédéric Sopena n'a pas été long à trancher. « Vu le contexte actuel ! » La formule ramasse toute l'amertume du patron, et les difficultés du métier. Un prix sur la pibale qui n'a pas été rémunérateur l'hiver dernier, le coût du gazole, les charges de fonctionnement du coureauleur ne sont rien comparés à l'état de fatigue que décrit le marin. « Les comptes étaient positifs jusqu'à la grève de l'année dernière. »


Depuis, chaque fois qu'il sort en mer, « Shamrock » perd de l'argent. « 3 000 à 4 000 euros par mois. Je paie le matelot sur la part du bateau, mais moi, je dois oublier de prendre mon salaire ! Je tape dans l'argent que j'ai mis de côté les années précédentes. »


Frédéric Sopena ne « comprend pas le système », les mareyeurs qui achètent à La Rochelle « six ou sept euros de moins qu'à La Cotinière le même poisson ». Il constate aussi que le filet ne se remplit plus comme hier. « La saison de seiche qui dure deux mois habituellement n'a duré qu'une semaine le printemps dernier. Et l'été, lorsque vous faites 20 à 30 kg de soles sur une sortie, c'est une belle marée. » Il garde en mémoire des pêches de 70 à 80 kg, des pics à 100 kg, durant ces années où « quelques bons moments suffisaient à faire oublier les mauvais. On a résisté autant qu'on pouvait mais, maintenant, les marins sont fatigués. Pas physiquement, mais psychologiquement. Connaissez-vous un chauffeur qui conduit un bus vieux de trente ans ? Mon bateau est sorti du chantier en 1970 ! »


La fatigue, elle a aussi gagné Arnaud Puyo. Elle n'est pas près de s'éteindre. Le moteur de son « P'tit Youyou », 30 ans, suffoque. Le remplacer ? Un investissement de 100 000 euros que le patron Rochelais ne peut financer, quand bien même il partage la propriété de son chalutier de 20 mètres avec la Coopérative Atlantique 17.



« Ça ne sera pas rose »


Le bateau est plus gros que celui de Frédéric Sopena, la zone de pêche est plus large dans le golfe de Gascogne, mais la complainte est partagée : « On est dans le rouge, la saison est mauvaise, le prix du gazole, la grève, le manque de poisson, sans arrêt des réparations. Tout ça bout à bout », et c'est un dossier de candidature au retrait qui est instruit et accepté par le ministère de l'Agriculture et de la pêche. « Je jette l'éponge par obligation ! La prime couvre les fournisseurs, le crédit. Mais quand tout sera payé, je devrais encore 30 000 à 35 000 euros à la coopérative ! Et pour ne pas être imposé sur la plus-value, je dois partir en préretraite. » Le marin est acculé. Il quitte le bord, et le métier, avec interdiction de reprendre une activité. Après trente-quatre années de navigation, ce n'est pas la porte de sortie qu'il imaginait.


Le rebond ? Quel rebond ? Arnaud Puyo a trois enfants. La boussole s'affole, le nord est perdu. Pourquoi ne pas créer une micro-entreprise au nom de sa femme ? Il l'envisage, mais bute sur la question : « Avec quels fonds ? Je vais partir avec 1 200 euros par mois. Avec la maison, la pension alimentaire, les assurances, tout y passe. J'avais acheté ce bateau il y a six ans pour ma fin de carrière et partir avec une retraite correcte. Et bien, elle ne sera pas rose ! Je quitte le métier avec des dettes et sans droit de retravailler... Retirer des bateaux, retirer des bateaux... mais que va-t-il rester ? La pisciculture dans l'île de Ré ? Ca, ça va sauver le monde ! Les gens seront contents. »



La flotille amputée de 13%


En deux notes de service successives datées d'avril et de juillet dernier, la Direction des pêches maritimes a validé la sortie de flotte de 36 bateaux de pêche charentais. En compensation de ces destructions qui devraient se dérouler à partir de septembre, l'État va verser aux armateurs près de 4 millions d'euros d'aide, abondés à hauteur de 20 % par des fonds de l'Union européenne. Quatre de ces unités (dont la plus importante le « P'tit Youyou », chalutier rochelais de 20,60 m), sont retenus dans le cadre de l'effort de limitation des captures de sole ; une pour la langoustine. Les autres, des coureauleurs de moins de 12 mètres pratiquent le « petit métier », qui consiste en des marées à la journée. Ces derniers sont retenus au plan de sortie parmi les unités travaillant la civelle.


« Il y a longtemps que nous n'avons pas vu autant de candidature à la sortie de flotte, observe le responsable du service économique de la Direction régionale des Affaires maritimes de Poitou-Charentes. Par comparaison, ajoute Philippe Gibergue, neuf bateaux étaient inscrits au plan casse l'année dernière. Sept ont été démolis à ce jour, et le sort des deux derniers est suspendu à la décision définitive de leurs armateurs de les vendre hors du périmètre de l'Union européenne, ou de les broyer. Les primes versées aux propriétaires de bateaux éligibles à cette sortie de flotte peuvent s'élever jusqu'à 150 000 euros. Elles sont calculées en fonction du tonnage du bateau. Il faut souligner que ce matériel est très âgé (plus de vingt ans), avec un doyen qui est sorti de son chantier naval en 1959 !


Au 31 décembre 2008, la flottille de pêche professionnelle dénombrait encore 270 unités. Avec cette vague, elle se trouve donc amputée de plus de 13 % du nombre de ses bateaux, chalutiers et coureauleurs.



36 bateaux quittent les rangs


Sont concernés par le plan de sortie de flotte en Charente-Maritime :

Quartier de La Rochelle : « Fra-Cas », « Le P'tit Youyou », « L'Ouragan », « Candy », « Tropic », « Chacal », « L'Espoir », « Yanga », « Fantôme des Mers », « L'Ange des mers », « Mi-Mie », « Le Tirançon », « Shamrock », « Le Récif », « Murantjo », « Flipper ».

Marennes Oléron : « Rescator 1 », « Salazie », « Amphitrite », « Remora », « L'Edelweiss », « Mobby Dick », « Carion », « Prince du Clapotis », « Fu », « Okeanos », « Le Rapace », « Le Flameco », « Night Beauty », « L'Huricaine », « Centurion », « Wiking », « Zelierwa », « Verseau », « Circée », « Le Scaphoide ».


Précisons que l'ensemble de ces bateaux sont retenus par le plan de sortie du ministère de l'Agriculture et de la pêche, mais que certains patrons de pêche décideront peut-être de renoncer à leur projet de destruction.


Auteur : Philippe Baroux Sud-Ouest
Jeudi 06 Aout 2009


(Lettre de Jacky Paillé, président de l'Association des Marins-pêcheurs)



À quand la fin du JURASSIQUE pour les Marins Pêcheurs


Pour nous pécheurs professionnels, le projet d'un port en eau profonde en bas de Seudre offrira une qualité de vie sans aucune mesure en regard de nos conditions de travail actuelles.

 

  1. Plus de contrainte avec les marées pour les pêcheurs de tous les petits ports de la Seudre et du coureau. Environ 25 bateaux sont actuellement tributaires des marées.

  2. La manutention "embarquement, débarquement" en sera facilitée.
    Aujourd'hui le matériel nécessaire à bord doit être embarqué du quai sur une annexe, puis il nous faut gagner le navire de pêche au mouillage au milieu de La Seudre, et transborder le matériel de l'annexe sur le bateau. Au retour de la
    marée c'est la même opération en sens inverse pour le débarquement.
    Un port en eau profonde, libérera la Seudre de tous ses mouillages en corps morts, ce qui réduira les risques de collisions avec les autres embarcations qui y naviguent.
    Pour nous pêcheurs, plus de mouillage en Seudre avec un accès direct à un ponton, signifie plus d’annexe ni de frais liés à cette embarcation.

  3. L’accès au matériel se fera sans perte de temps:
    Les nouvelles réglementations pêche et sanitaire, nous interdisent d'embarquer plusieurs filets, un seul maillage de filet est autorisé à bord, un port en eau profonde nous permettra de revenir changer de maillage et repartir sans perdre le bénéfice d'une marée.

  4. Nous avons besoin de nouvelles structures portuaires, car les seules structures existantes : Royan, La Cotinière, La Rochelle, sont déjà saturées ou surchargées.
    Le projet "port Seudre" contribuera:
    -Au respect de l’environnement avec une zone de carénage aux normes
    -Au respect de la chaîne du froid avec une zone technique qui pourra comprendre, Chambre froide et Silo à glace.
    -Et la possibilité d’avoir plusieurs fournisseurs de carburant.


Le Président de l’association des marins pêcheurs


Jacky PAILLÉ


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LES MARINS PÊCHEURS ATTENDENT UN PORT À LA TREMBLADE

PÊCHE

PROJET D'AGRANDISSEMENT DU PORT DE LA COTINIÈRE


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Le Shamrock de Frédéric Sopena, 45 ans, est l'un des 36 bateaux du département inscrits au plan de sortie de flotte (Photo Pascal Couillaud)